Dordogne : l’effet "waouh" de la laiterie Péchalou
Article du 15/09/2018 - SUD OUEST.FR
La laiterie cypriote fête ses 30 ans et une belle réussite.
Du lait a coulé dans les tuyaux depuis que le premier pot a été operculé. C’était en 1988, sur les hauteurs de Saint-Cyprien, dans une ferme de Péchalifour, chez les Villefer. Frédéric voulait transformer le lait de l’exploitation familiale. Avec son acolyte Frédéric Pallier, croisé sur les bancs de l’École nationale de l’industrie laitière agroalimentaire de Surgères (17), ils se lancent dans le marché du yaourt traditionnel.
Ils appellent leur marque Péchalou. Le Champion de Saint-Cyprien leur fait confiance et l’aventure est lancée. C’est ensuite le sud du département, puis toute la Dordogne, l’Aquitaine, le Grand Sud-Ouest et demain toute la France avec la marque bio Laiterie du Périgord. En 1996, la laiterie a déménagé dans le bourg de Saint-Cyprien et a pris une nouvelle dimension avec l’arrivée, en 2014, de Thomas Breuzet.
"Ça déchire"
Ce spécialiste parisien de conseils stratégiques et d’accompagnement d’entreprise, passé par le Lot-et-Garonne, nourrissait l’ambition de diriger une entreprise agroalimentaire bio afin d’appliquer ses concepts durables.
Il a trouvé dimension à son appétit chez Péchalou. Après avoir assis la société et s’être donné les moyens d’investir, la capacité de production est maintenant doublée et la part du bio est passée de 18 à 65 %. De 700 000 euros en 2014, le chiffre d’affaires passera à 5 millions en 2018 grâce à la transformation de 1 500 tonnes de lait collectées en Dordogne, à moins de 50 km de la laiterie.
Vendredi, à l’heure de fêter les 30 ans de l’entreprise, Thomas Breuzet a fait patienter les invités pour attendre ses 21 employés, qu’il a remerciés un à un en citant leur prénom. L’aventure continue de plus belle avec du bon, du bio. « Quand on mange un yaourt Péchalou, il y a un effet “waouh”. Ça déchire », se réjouit le jeune patron.
(1) La laiterie Péchalou est nommée aux prix de l’Économie néo-aquitains organisés par « Sud Ouest » et la Banque populaire Centre-Atlantique.
La qualité portée en étendard
S’ils ne se détachaient pas par leur goût et leur texture, les yaourts Péchalou seraient tombés aux oubliettes depuis longtemps. En trente ans, malgré des hauts et des bas, les dirigeants successifs n’ont jamais lâché sur la qualité et la tradition. La preuve en est que l’un des fondateurs, Frédéric Pallier, est toujours là comme responsable de la production. La gamme s’est étendue, atteignant plus de 100 références aujourd’hui. Sachant que leur durée de vie est en moyenne de 30 jours, c’est un continuel challenge.
L’entreprise artisanale n’a pas varié d’un iota sur le process pour rester dans la tradition, surveillant comme le lait sur le feu la lente mais inexorable action des ferments anciens dans les yaourts. Au niveau de la production, la mécanisation est réduite à la plus simple expression pour préserver la texture, l’onctuosité et le goût. Un long et solide partenariat s’est noué avec les fournisseurs de lait, à 100 % autour de la laiterie pour le lait de vache, regroupés sur un petit secteur de l’Aveyron pour le lait de brebis bio (nouveauté de cette année). Les préparations à base de fruits pour enrichir les yaourts et desserts sont également collectées au plus près, dans le bio et l’équitable.
Déjà présente dans la grande distribution dans le sud-ouest de la France, l’entreprise s’attaque à tout le territoire dans les réseaux de magasins bio avec sa nouvelle marque, Laiterie du Périgord.
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